ATTRAPE MOI SI TU PEUX ! (OU COMMENT RECRUTER UN BON PRODUCT MANAGER ?)

En moyenne, un Product Manager peut avoir 4 opportunités en parallèle. La proportion est basse. Comment identifier les bons profils ? Et surtout, comment les attirer et les fidéliser?

Ici, on vous donne notre point de vue en tant qu’experts du recrutement de PM, avec des insights de Head of Product et de PM au sein de start-ups/scales-ups.

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un PM ? « Le produit, je suis tombé dedans par hasard » vous diront certains. Définition du besoin clients ou utilisateurs, coordination entre les différents interlocuteurs en interne (tech, business, marketing), construction de la roadmap produit, définition du parcours utilisateurs et rédaction des spécifications techniques, veille et étude de marché, etc. Selon nous, il n’y a pas de définition précise pour ce poste, ou d’études spécifiques, tant les tâches d’un PM sont étendues et diffèrent selon les organisations et les technologies. Vous l’aurez compris, le recrutement d’un bon PM n’est pas chose facile.

Problème 1 : la pénurie des profils

La rareté des profils sur le marché qui combinent des compétences techniques à une vision business ainsi que la maîtrise de la data, complique la vie des recruteurs !

Notre conseil d’expert est d’anticiper les recrutements en alimentant son réseau et en animant son vivier candidat, pour bénéficier d’un réseau élargi et solide lorsque le recrutement sera ouvert. Vous nous direz, et à juste titre, que cela s’applique à tous les types de profils « stars » dans les startups mais d’autant plus à cette population de profils pénuriques.

Séduire, séduire, séduire…qu’on se le dise : on est souvent confronté au fait de vouloir recruter un PM bien avant que notre produit devienne une solution aboutie et que ce soit l’app la plus utilisée ou le SaaS le mieux vendu. C’est « le serpent qui se mord la queue »: comment faire pour attirer un bon PM si mon produit n’est pas encore assez attractif et si je n’ai pas un bon PM dans mon équipe, comment mon produit va devenir “world class” ? 

La clé : se porter ambassadeur de son produit et jouer sur des leviers qui importent énormément aux PM :

  • Le sens du projet et la dimension entrepreneuriale, 
  • L’ambition et l’impact sur la stratégie business, 
  • Une culture produit forte : la vision et roadmap ne changent pas au bon vouloir d’un client et des sales. 

Problème 2 : Équilibre soft skills/hard skills

Curiosité, sens de l’écoute, empathie, proactivité, capacité à avoir de l’impact, leadership, structure, esprit critique, voilà en quelques mots les soft skills attendu(e)s chez un PM, mais est-ce suffisant ?

Raphaël Bonstein, Head of Product & Experience Rakuten France, insiste sur l’importance de la compréhension des sujets techniques. Et c’est justement cet équilibre qui est difficile à trouver. 

Emmanuel Hosanski, Lead PM chez Manomano, utilise des études de cas et des mises en situation qu’il écrit spécifiquement pour tester au travers d’exemples concrets la dimension data et la culture UX des candidats.

Raphael Bonstein quant à lui, teste la curiosité, l’appétence produit et le côté “user-centric” des candidats en leur demandant, par exemple, quelle est la dernière application téléchargée et quelles améliorations peuvent y être apportées.

Comme le rappelle Fabrice des Mazery (CPO de Thiga et fondateur de la Product Conf) dans son article, un PM est tout d’abord un Product Owner qui a ajouté des cordes à son arc telles que la vision stratégique, le design, la data, le marketing, le growth, les process et l’organisation.

Si vous n’avez pas ce bagage technique, que votre école ne propose pas de formation en product management et que vous voulez devenir le futur CEO du Produit, Julien Antoine, PM chez Zenpark, donne les conseils suivants à des juniors: « Commencer par des stages en startup peut permettre aux profils curieux de toucher un peu à tout : il y a souvent beaucoup à faire mais pas assez de ressources en interne, ce qui permet de prendre des initiatives et de beaucoup apprendre.”

Il ne faut pas hésiter à “digitaliser” son parcours, soit directement au sein de son cursus si celui-ci le permet (initiation au développement, cours d’UI/UX…) soit via des MOOCs ou des projets personnels. Tester de nombreuses applications et les utiliser avec un regard critique peut aussi aider. […]

Le Product commence également à se structurer en France, ce qui donne accès à de nouvelles ressources : des guides avec la Product Academy de Thiga, meetups avec La Product Conf, ou encore de nouvelles formations comme Le Wagon ou le programme Graduate Associate Product Manager chez Google.

Aussi, notre constat du marché, et nous recrutons des PM depuis 5 ans, est que souvent, derrière des profils de Business Developer, Operations, Customer Success Manager, développeurs, des Consultants en stratégie, des chefs de projets (techniques ou fonctionnels) peuvent se cacher d’excellents PM, ce qui confirme à nouveau l’importance des soft-skills pour exceller dans ce rôle.

Identifier, évaluer, attirer, recruter et fidéliser de (bons!) Product Managers n’a rien d’anodin, cela requiert beaucoup de temps, une vision définie du besoin, un “pitch” clair et impactant, un process rythmé et rapide. N’oubliez pas : les PM à l’écoute d’opportunités sont souvent sur plusieurs pistes en parallèle!

Étant très sollicités, il ne faut pas sous-estimer la force de la communauté et du réseau, plus encore au sein de la population de Product Managers qui, souvent, font confiance à leurs pairs PM: un moyen supplémentaire de les atteindre de manière efficace. 

Disclaimer : vous pouvez aussi faire appel à Ineva 😊